Parce que je n’ai pas envie que ma vie soit trop exposée.
Parce que ce que je fais ne regarde que moi.
Parce que je n’invite pas n’importe qui à dîner : j’aime apprendre à connaître les gens avant d’aller plus loin.
Parce que j’aime échanger avec des personnes d’horizons divers et variés, pas uniquement avec les gens qui me ressemblent et que l’on choisit pour moi.
Parce que j’ai envie d’être moi-même, sans pression ou idéal, et de pouvoir afficher mes idées et opinions sans craindre qu’elles soient censurées ou que je sois déjugé par mes pairs.
Parce que je prends plaisir à me confronter à de nouvelles choses, et non être constamment abreuvé des choses que je sais aimer, ou des idées que je crois déjà avoir.
Parce que je ne comprends pas que mon application calculatrice veuille accéder à mon micro ou à ma localisation.
Parce que, vous l’aurez compris, je ne partage pas la vision de Mark Zuckerberg « Feeling truly present with anotherperson is the ultimate dream of social technology ».
La technologie au service du lien social n’est pas que celle dédiée aux réseaux sociaux. La téléphonie ou les transports ont largement contribué à rapprocher les individus. Je ne peux imaginer qu’aujourd’hui le but d’un réseau social puisse être d’uniquement ancrer dans les mœurs l’éloignement physique entre les personnes. C’est là oublier notre nature, et nier nos besoins.
Beaucoup de réseaux sociaux font l’objet de scandales. Ils ont perturbé les comportements collectifs qui font la stabilité de nos sociétés. De la diffusion d’une image idéalisée de soi et de ce qu’elle génère, des sollicitations permanentes qui viennent perturber le cours de notre journée et nos interaction sociales dans la vie normale, des algorithmes qui ne nous abreuvent que de ce que nous aimons ou pensons déjà sans nous permettre d’aller à la découverte de l’altérité et de dépasser les clivages, à la monétisation de notre intimité au nom de la gratuité ou de notre sécurité. Les exemples sont nombreux et connus. Ils sont dans le débat public et il est inutile de tous les citer.
C’est ici qu’est l’enjeu pour les technologies sociales : réussir à offrir un environnement technologique nous permettant d’avoir des relations sociales de la même qualité que ce dont nous bénéficions dans la vie normale, tout en limitant la perte de lien avec le réel. De rencontrer des gens par le biais du hasard, y compris en dehors de sa communauté. De prendre le temps de découvrir l’autre et qui il est vraiment. De s’affirmer en tant qu’individu, loin de l’image que l’on construit pour plaire à telle ou telle communauté. D’avoir des débats contradictoires qui ne soient pas limités à des envois télégraphiques de quelques lignes, parfois plus rédigées que pensées, entre deux métros. Et de toutes ces choses qui font des relations humaines quelque chose à part, de non robotique.
C’est avec cet état d’esprit que j’ai fait les choix de conceptualisation de Yermat. Rien ne remplacera le monde réel et je ne prétends pas que c’est la solution, mais je la propose, et suis curieux de l’utilisation qui en sera faite et impatient de lire des retours d’expérience. Un réseau social ne vit que parce que des utilisateurs y sont présents : si vous aimez son concept, je vous invite à le diffuser. Mon budget est très limité et je dois m’employer à letravailler : je ne doute pas que les bugs soient nombreux ou que les serveurs chauffent.
J’espère que vous y ferez de belles rencontres.
Sandokan